19.11.2007

ChEire Irlande

Ah ! Me voici enfin de retour sur ma Belle Ile d’Emeraude et apres ces mois de vadrouille, je peux le dire : oui, elle m’a manque ! Arrivee a l’aeroport, c’est Fidel qui m’attendait et c’est avec lui que j’allais feter nos retrouvailles a nous, et avec l’Ile de mon cœur. Apres un petit dej’ et un tour dans le centre ville de Dublin (je voulais voir le Spire…) nous partons vers le sud Ouest, direction Peninsule de Beara, dans l’ouest du Comte de Cork. Nous avons loue un petit cottage (et quel cottage!) dans un village tout en couleur du joli nom d’Eyeries. J’etais deja venue sur cette peninsule mais il semble que j’en avais oublie sa beaute et ses paysages romantiques. Des le premier jour, admirant les douces montagnes avancant dans une mer d’un calme etonnant, les larmes n’etaient pas loin quand j’ai dit a Fidel « ah… il n’y a pas d’autres pays comme celui-la, pas un qui m’a emu autant que ce que l’Irlande m’offre et que ce que j’ai face a moi maintenant ! ». Oui, apres avoir vu quelques uns des tresors de la planete, vraiment, ce petit bout de terre celte est different. L’Irlande m’est speciale, je l’ai toujours su, des le premier jour ou j’y ai mis les pieds par un beau jour de juin 2003. Mais y revenir apres ces mois passes loin d’Elle, ne fait que confirmer mon attachement pour cette petite ile battue par les vents. En Novembre, la derniere chose que vous esperer en Irlande, c’est une belle semaine ensoleillee …que vous n’espereriez meme pas en Aout de toute maniere !:) Mais une fois n’est pas coutume, le soleil nous a fait grand sourire toute la semaine et la tourbe ayant enfiler sa belle robe rousse de saison contrastait magnifiquement avec les verts paturages que l’ont connaît a La Petite Verte. On a pu en profiter pour faire d’agreables ballades autour de la peninsule et cette toute petite ile, Bere Island, habitee pourtant, mais certainement par plus de jolis moutons (mes p’tits moutons irlandais !!!) que de bergers, fermiers ou pecheurs. Apres ces minis randos, nous terminions souvent dans l’un des deux pubs du village : le Caustey’s pour une pint de Murphy's (equivalent de la Guinness pour la region de Cork), ou le O’Shea’s pour un hot wiskhey au pied de la cheminee . C’est dans ce pub que nous parlions toujours avec la proprio, une irlandaise de la campagne comme il se doit, bavarde, curieuse et adorable, qui n’a jamais pense faire autre chose que de tenir le pub familial ou elle est nee.
Beara peninsula, certainement l’une des plus jolies peninsules du pays , plus jolie peut-etre que celle de Dingle, et bien plus authentique que sa voisine du dessus, Kerry, bien trop touristique a mon gout(pardon Fabien…). Les moutons sur les routes, les routes sinueuses ou l’on rase les buissons pour croiser un autre vehicule, les embouteillages de 4 voitures causes par un tracteur, les gens qui vous salue a tous les coins de pubs, une Irlande bien loin de la vie dublinoise, certes, mais une Irlande encore belle et bien vivante.
Apres cette semaine plus que ressourcante, c’est sous une pluie non-stop que nous avons rejoins Fair City (talatalata talatalata…). Suite a un pari datant de la coupe du monde de rugby, nous avions prevu Fidel et moi de nous faire un petit pub crawl, une tournee des pubs… et j’avais le privilege de choisir le parcours :) Un premier pub, puis un second, et Fidel me dit en sortant qu’il souhaite aller au Doyle’s, l’un de mes pubs prefere de la ville. Ok, allons-y! on rentre, deux pas autour du comptoir et la, je vois un premier visage famillier puis un deuxieme, un troisieme !.... Avec la complicite d’une petite normande de Grandville, ils m’avaient fait la surprise de reunir quelques uns de mes amis et forcement… surprise 100% reussie, la derniere chose a laquelle je m’attendais! Ah ! Apres 10 mois au large, que ces bon de revoir tous ces visages familiers, dans un pub que j’adore, d’une ville que j’adore, d’un pays que j’adore !
Il me reste encore quelques pintes a descendre avant de faire un petit tour dans un autre pays de mon cœur, celui de mon enfance, celui du Muscadet, ce qui sonnera la fin de ce voyage. Mais je serais bientôt de retour en l’Eire, of course !:)

27.10.2007

Pour un bout de tissu

A Bali, je craque grave sur le shopping! Difficile de resister quand tout ce que vous voyez vous fait envie... Et puis, a Kuta surtout, si je marche dan la rue et qu'on voit que j'ai un tatouage, on me propose un tatouage, si je porte un bracelet on me propose un bracelet, si j'ai le malheur de porter les fringues achetees la veille au marche on me propose de refaire ma garde-robe, si je suis sur la plage on me propose des massages, si je porte un sarong on m'en propose un autre et pis si j'ai rien de tout ca et que je marche, les "transport! transport!" fusent de partout! Mais Kuta, n'ayant plus grand chose a voir avec le reste de l'ile, n'offre malheureusement pas les vetements traditionnels que portent les femmes ici. C'est donc pour ca que ce matin je me suis faite une petite viree a Denpasar, la capitale administrative de l'ile, a quelques kms de Kuta. Pour y aller, j'ai pris un bemo, ces mini-bus-transport-en-commun. Pour les "utiliser", ne pas chercher l'arret de bus, suffit de se pointer sur un trottoir sur le trajet du bemo et de lui faire signe. Si on ne connait pas le trajet, on se rend a une pseudo gare routiere improvisee par ou passent tous les bemos. Et pas la peine de chercher un numero de bus non plus, pour savoir lequel prendre, ca marche par couleur: le bleu va la, le vert ici, le rouge ailleurs, le beige encore autre part... Et pour le prix, inutile de demander au chauffeur combien ca coute, sinon, nous touristes, on paye bonbon! Ce que je fais en general, c'est que je me renseigne avant, le plus souvent la ou je dors, sur le prix du trajet. Ainsi, en payant en descendant, je paye le prix local et pas le prix touriste parfois 10 fois plus cher!:)
Me voila donc arrivee a Denpasar; je me dirige vers le grand marche ou l'on m'avait dit que je trouverais mon bonheur, mon bonheur aujourd'hui etant du tissu. Je rencontre d'abord Made qui me propose de m'emmener dans l'autre boutique de son"boss" et je comprend vite en fait que c'est une rabatteuse qui touchera sa com' si j'achete la ou elle m'emmene. Elle est tres sympa mais comme ce qu'elle me propose ne correspond pas a ce que je veux, je la remercie de ses gracieux services, et sort du marche pour faire les boutiques de tissu qui abondent dans la rue. Apres quelques arrets, je trouve enfin ce que je veux, un beau tissu pour me faire tailer une kabaya sur mesure. La petite nana vendeuse est super sympa, fait plusieurs allers-retours dans les boutiques d'a cote pour me trouver exactement ce que je veux (et sans tache...), toujours avec le sourire bien sur. Viens ensuite ce que je prefere: le temps de la negociation. Je connais maintenant les prix a Bali et franchement, apres m'etre faite avoir 2 fois ou plus, depuis, j'ai toujours reussi a avoir le prix juste et pas le prix touriste. Donc, apres 25 petites minutes de marchandage, j'obtiens le prix que je veux pour mon bout de tissu. Tout ca m'a asoiffe et sur le chemin qui me ramene a la gare routiere de Denpasar, je m'arrete dans un warung, une petite gargotte-epicerie, pour me prendre une bouteille d'eau. Les deux femmes qui la tiennent ne parlent pas anglais du tout, elles sont meme surprises que je comprenne leurs 2 questions de base en Indonesien (comment tu t'appelles et d'ou tu viens?). Ca se complique quand la plus jeune se met a me parler, je comprend rien forcement et j'eclate de rire. Je ne sais toujours pas ce qu'elle voulait me dire avec ses signes mais il semble que je lui ai fait super plaisir (pourquoi???...) et elle m'a prise dans ses bras avant meme que je comprenne ce qui se passait! C'était pas une question d'argent parce que j'ai paye le prix normal pour la bouteille d'eau, non vraiment, je ne sais pas... ca m'ait arrive plusieurs fois a Bali, le fait que je sois blanche eveille la curiosite et la sympathie j'ai remarque... Donc apres ca, forcement la banane jusqu'aux oreilles, je me rend a la gare routiere; la, comme d'hab on me dit d'attendre.. et la 10aine de mecs-chauffeurs de bemos se mettent a plaisanter avec moi, tous curieux de voir mes amplettes au fond de mon sac plastique... On me dit finallement que le bemo part, je suis seule dedans au debut mais bien vite ca se remplit au fur et mesure que les rues detales. J'aime bien les transports en commun, on voit les momes qui sortent de l'ecole, les hommes qui rentrent en fumant leurs kreteks, les femmes toutes jolies avec leurs derniers nes.
Je suis de retour a Kuta en milieu de journee et me dirige vers mon tailleur que j'avais repere. Wayan (je vous expliquerai peut-etre un jour pourquoi les balinais se prenomment tous pareil, en attendant vous pouvez toujours vous renseigner sur le systeme de castes hindou) me demande combien j'ai paye mon tissu. Quand je lui dit le prix, elle me dit que c'est un tre bon prix vu la qualite, pas un prix de touriste. Cool!:) et puis apres elle est toute surprise quand je lui dit que j'ai paye 5000rps (40cents) pour aller a Denpasar. Bah pourquoi? je lui demande, c'est cher? "non non! me fait-elle, c'est qu'en general les touristes payent 50 000!" bah... je sais pas je lui dis, j'ai tendu mon billet de 5000 comme tous les autres passagers et on ne m'a pas demande plus...
Wayan a pris tout son temps pour savoir ce que je voulais, prendre mes mesures, m'emmener chez sa couturiere, et comme elle me fait ma kabaya en 24heures, franchement, j'ai meme pas cherche a negocier son prix. Un peu plus cher que la normale je sais, mais comme elle me la fait en temps record, et a un prix plus que derisoire compare a l'Europe, j'avais meme pas envie de baisser les prix.
Apres toute cette demi-journee pour un bout de tissu, je me suis dit que me faire dorer la pillule sur la plage de Kuta ne serait pas mal. Kuta: attention les yeux! defile de surfeurs, australiens et balinais, de plaquettes de chocolat et de bikinis-taille de guepe. Meme Ronald Fils-deDonald se la pete sur son surf face a la plage! Kuta, un peu une mini cote d'Azur version indonesienne, avec ses bars d'ou la musique s'echape pour vous tenir compagnie sur la plage.
Apres l'apres-midi detente, la gangraine m'a reprise et c'est toute contente que je me suis mise a la recherche d'un chauffeur et de sa petite moto pour me faire decouvrir la peninsule Sud demain. Je me frottais deja les mains du moment de la negociation... qui fut comme je l'aime effectivement!:) 30 minutes, il me faisait genre "c'est cher a cause de petrole", pas de pot pour lui, je connais le prix du litre ici (30 centimes), apres quoi le coup du "oui, mais ca monte pour aller la ou tu veux, c'est fatiguant", et alors? ca veut dire que ca descend en revenant!:) et pis comme il ne descendait pas son prix, j'ai fait "ok, pas de soucis, moi je t'ai dit mon dernier prix, si tu veux pas, c'est pas grave, je suis sure que je trouverais quelqu'un d'autre pour m'emmener la ou je veux..." et je me suis apretee a partir... ahah! ca marche a tous les coups, j'adore!:) Encore une fois, je ne cherhe pas a arnaquer mon interlocuteur, jamais. Juste trouver le bon prix...
Marchande de tissu, si je parlais le bahasa indonesien, le balinais, ou l'un de leurs nombreux dialectes, j'essaierais bien au moins pour une journee, c'est trop fort!:)

23.10.2007

Une journee dans Bali

Extrait de mon journal de bord du 22.10.07


... Sur la route qui surplombe les terrasses de riz, j'ai pu me rendre compte de 2 nouveaux visages de Bali. Ils ne m'etaient pas inconnus mais je ne les avais jamais vecus de moi-meme jusqu'a present. La premiere de ces facettes, c'est a quel point les Balinais sont investis dans la religion. Wayan est plutot cool d'apparence, short baggy, boucles d'oreille, cheveux en bataille, lecteur dvd dans sa voiture sportive... Debut de 20aine quoi. Avec ca, on pourrait croire que l'hindouisme et ses petits rituels quotidiens sont tombes aux oubliettes chez les jeunes Balinais. Et bien non, l'habit ne fait pas Civa! Nous arrivons sur la route principale qui doit nous mener dans les montagnes. J'apercois au loin une dame avec un panier sur le bord de la route, je me dis que c'est simplement une marchande de plus. A ma surprise, Wayan s'arrete, baisse sa vitre; la dame lui donne l'un de ces petits paniers en feuille de palmier garni de riz et de fleurs comme j'en vois sur tous les trottoirs et temples de l'ile. Elle fait un petit sermon dans une langue que je pense etre le Balinais, le tout en jetant delicatement quelques petales de fleur sur le cote. Et puis elle remet a Wayan quelque chose qu'il s'applique sur le front apres en avoir fait de meme sur le mien. C'est une mixture a base de riz et apres avoir donne un petit billet a la dame nous repartons avec nos grains de riz colles sur le front et le petit panier garni sur le tableau de bord. Wayan m'explique que c'est pour nous proteger sur la route... J'ai maintenant l'explication des grains de riz sur le front des gens; la prochaine fois je comprendrai au lieu de penser qu'ils ont eternue dans leur assiette!...
Plus tard, Wayan m'a emmene visiter le temple de Tirta Empul avec sa source sacree. Arrives sur le site, il m'explique qu'il m'attend a l'exterieur, ne peut penetrer dans l'enceinte du lieu car sa grand-mere est decedee il y a une semaine, et de ce fait, lui comme tous les membres de sa famille sont consideres comme "salis" par la mort de leur proche. Ainsi, dans la religion hindoue (version balinaise en tout cas), il leurs faut attendre 1mois avant de pouvoir retourner dans un temple.
Et bien dis-moi! Pour un mec qui adore les boites de nuit et les tatouages, il reste quand meme bien fidel a sa religion! Comme quoi, l'un n'empeche pas l'autre, c'est ce que j'apprend a Bali.

L'autre facette de Bali, dont j'avais tres largement entendu parler, c'est la corruption. Arrive un 1er pseudo-barage de flics qu'on repere de loin. Wayan me previent "La, il va falloir payer". Et bien non, en fait ils ne nous arretent pas "pour le moment..." ajoute Wayan. Selon lui, c'est simplement parce que je suis brune que de loin les flics n'ont pas vu que j'etais une touriste, sinon, on aurait eu le droit de leur filer du cash-en-main. cool...
Et puis plus tard, sur la route qui mene au temple, un 2nd barrage, la, on n'y deroge pas. Wayan se gare sur le cote, me dit de rester dans la voiture pendant qu'il descend avec un grand sourire. Il remonte 2 minutes plus tard, 15 000 roupias en moins dans ses poches. "J'ai dit que t'etais ma femme sinon ils m'auraient demande beaucoup plus". Est-ce qu'ils arretent les simples locaux aussi? lui demande-je. Parfois. Toute excuses est bonne pour se mettre de l'argent dans les poches: si tu ne portes pas le casque en moto ou si tu n'as pas la ceinture en voiture (2 choses tres frequentes en Indonesie). L'argent va dans les bourses des flics directement (excusez-moi l'expression); ils se positionnnent a des points strategiques, en general toujours dans les memes endroits tres frequentes. Wayan ajoute qu'il faut toujours etre tres sympa avec la police, un grand sourire de Buddha (ca c'est moi qui le dit) en leur tendant le billet, si tu rales, ca ne t'en coutera que plus cher. "C'est pas juste, parce qu'ils sont payes par le gouvernement, pourquoi devraient-ils toujours s'en mettre plus dans les poches? Enfin bon, c'est comme ca a Bali, personne n'y echape" conclut-il sur le sujet.
Tout comme l'Art et la Beaute, il semble que meme la corruption se trouve a tous les detours de riziere sur ce petit paradis...
Wayan m'a deposee a Ubud en fin d'apres-midi, j'ai flane un peu et puis suis revenue me poser tranquillement chez les Sudana apres mon dinner. J'etais sur ma terrasse, toute tranquille, lorsque j'ai vu Made (elle) arriver:
"-T'as mange?
-Oui, merci.
-Tu veux du riz?"
Mal poli de refuser, j'accepte et elle revient un court instant plus tard avec une assiette bien garnie de riz, de sardines aux piments, et d'un truc a mi-chemin entre l'artichaud et le porc.
"Si tu n'aimes pas, tu laisses" me sourit-elle en me tendant l'assiette. J'ai gonfle mon ventre de cette bonne assiettee en laissant de cote l'artichaud-porc, ca, j'ai pas pu. Les Sudana sont adorables, completement attachants, des amours.
Ce petit evenement a conclut ma journee a Bali, entre rizieres et temples, entre corruption et gentillesse. Bali tout simplement, sans doute.